La réponse en bref
Une revue systématique utilise des méthodes explicites et planifiées pour rechercher, sélectionner, évaluer de façon critique et synthétiser les recherches répondant à une question définie. Elle consigne les critères d’éligibilité et les décisions importantes afin que le lecteur puisse examiner la formation des conclusions. Elle vise à réduire les biais et à rendre les limites visibles. La méta-analyse est une composante statistique facultative, pas une obligation.
Points essentiels
Le caractère systématique tient à la question, aux méthodes et aux décisions documentées, pas au nombre d’articles cités.
Choisissez l’approche selon le résultat attendu : estimation d’effet, carte des preuves ou explication d’un sujet.
Commencez par une question réalisable et des traces vérifiables ; choisissez les outils après avoir défini les besoins.
Qu’est-ce qui rend la démarche systématique ?
Une revue systématique est une recherche sur les recherches existantes. L’équipe décide quelles études peuvent répondre à sa question, puis utilise des méthodes documentées pour les trouver et les évaluer. L’introduction de Cochrane décrit cette recherche des preuves éligibles en limitant les biais. Aucune recherche documentaire ne garantit de trouver toutes les études pertinentes.
Imaginez deux équipes lisant les mêmes cinquante articles. L’une choisit les exemples qui soutiennent son argument. L’autre applique des critères préétablis, consigne les exclusions, évalue les limites et synthétise les résultats selon une méthode explicite. La différence réside dans les décisions et leur possibilité d’examen, pas dans la longueur de la bibliographie.
La chaîne de preuves doit relier chaque conclusion aux études qui la soutiennent. Le lecteur doit comprendre pourquoi une étude était éligible, comment ses différents rapports ont été associés et d’où provient un résultat extrait. Ces traces rendent le jugement examinable, sans rendre chaque décision mécanique ni garantir l’accord d’une autre équipe.
Comment distinguer les approches ?
« Revue de littérature » est un terme large : discussion dans une thèse, analyse critique d’un domaine ou revue utilisant des méthodes systématiques. Examinez le but et les méthodes plutôt que le seul nom. Une revue narrative peut développer une argumentation utile sans prétendre représenter toutes les études éligibles.
Une revue de portée cartographie l’étendue, les caractéristiques ou les concepts d’un corpus. Elle possède ses propres méthodes et n’est pas une version moins rigoureuse d’une revue d’effets ; consultez le guide JBI sur les revues de portée. La méta-analyse se situe à un autre niveau : c’est une technique statistique utilisable dans une revue systématique. Elle n’effectue pas à elle seule la recherche ou l’évaluation.
| Approche | Exemple de question | Résultat utile | Distinction importante |
|---|---|---|---|
Revue systématique | Que montrent les études éligibles sur une formation précise ? | Preuves évaluées et synthèse explicite | Peut employer une méta-analyse, une autre synthèse ou les deux |
Revue de portée | Comment les formations numériques ont-elles été étudiées dans différentes professions ? | Carte des caractéristiques, concepts et lacunes | Cartographier le domaine n’est pas estimer un effet |
Revue narrative ou critique | Comment les explications de l’apprentissage professionnel ont-elles évolué ? | Analyse argumentée des thèmes, positions et désaccords | Expliquer le choix des sources ; ne pas suggérer l’exhaustivité sans méthode adaptée |
Méta-analyse | Que montrent ensemble des estimations numériques suffisamment compatibles ? | Estimation combinée et incertitude sous des hypothèses explicites | Technique de synthèse, pas l’ensemble de la revue |
À quelle question la revue doit-elle répondre ?
Partez de la décision à éclairer. Dans un exemple fictif, une équipe pédagogique veut savoir si un programme précis, comparé à la formation habituelle, modifie les scores d’apprenants de première année à 12 semaines. Il lui faut une estimation de la différence et de son incertitude, accompagnée d’une évaluation des preuves. Population, comparaison, résultat, échéance et plans d’étude éligibles définissent la question avant que les résultats influencent les choix.
Si la question devient « Comment les formations numériques ont-elles été étudiées dans différentes professions ? », le résultat attendu est une carte des populations, plans et thèmes : une revue de portée peut mieux convenir. Les questions d’expérience, de mécanismes ou de mise en œuvre peuvent appeler une synthèse qualitative ou mixte. Ne ramenez pas toutes les questions à un effet d’intervention.
Avant de commencer, cherchez les revues et protocoles existants. De nouvelles études, un contexte différent ou les limites d’anciennes méthodes justifient-ils une actualisation ? Un autre titre ne suffit pas à justifier de refaire le travail. Précisez qui utilisera la réponse et ce qui reste incertain pour déterminer le périmètre et les compétences nécessaires.
Suivre une question tout au long de la revue
Pour la question de formation, le protocole préciserait l’éligibilité, les sources, la sélection, la collecte, l’évaluation et la synthèse. Datez et justifiez les modifications ultérieures. Une étude peut être éligible à la revue sans fournir les données de chaque synthèse prévue ; Cochrane explique cette distinction.
Interrogez les sources adaptées et conservez stratégies, dates et exports. Bases, registres et recherche de citations peuvent contribuer aux preuves ; un classement de moteur de recherche n’est pas une base de sondage complète. Un spécialiste de l’information peut aider à concevoir la recherche. Le guide Cochrane sur la recherche présente les choix méthodologiques.
L’exemple fictif suit quatre rapports : une inscription au registre, l’article principal et un suivi de l’étude A, puis un article de l’étude B. Ils décrivent deux études, pas quatre recherches indépendantes. Reliez-les avant de recueillir les résultats pour ajouter les informations d’un rapport ultérieur sans compter les participants deux fois.
Après la sélection, définissez les champs d’extraction et utilisez une évaluation adaptée aux plans et aux résultats. Le tableau décrit les traces laissées à chaque étape ; il ne contient aucun résultat de formation observé. Ces traces servent aussi au rapport PRISMA final, qui expose le travail effectivement réalisé.
Des rapports à une conclusion traçable
- Fiche de registre A
- Article principal A
- Rapport de suivi A
- Article B
- Source et emplacement
- Critère de jugement et moment
- Risque de biais
Combinez les résultats selon une méthode explicite.
Méta-analyse, si elle est pertinentePrécisez ce que les données permettent de conclure et leurs limites.
Conservez le lien de chaque résultat avec sa source.
| Étape | Décision dans cet exemple | Trace à conserver | Vérification possible |
|---|---|---|---|
Définir et planifier | Comparer le programme à la formation habituelle à 12 semaines | Question, critères et versions datées du protocole | La question a-t-elle changé après consultation des résultats ? |
Rechercher et sélectionner | Relier trois rapports à l’étude A et un à l’étude B | Journal de recherche, décisions et correspondance rapports–études | Pourquoi chaque étude entre et pourquoi quatre rapports font deux études |
Extraire et évaluer | Consigner la mesure, l’échéance, le passage source et les biais pertinents | Définitions, extraction reliée aux sources et raisonnement d’évaluation | Les preuves correspondent-elles au résultat prévu ? |
Synthétiser et interpréter | Regrouper selon la comparaison et le suivi prévus | Méthode de synthèse, décisions de regroupement et limites | Ce que les preuves soutiennent et ce qu’elles ne permettent pas de conclure |
Faut-il une méta-analyse ?
Une revue systématique n’est pas tenue de calculer un effet combiné. Le regroupement peut être inadapté si les questions diffèrent fortement, si les résultats sont incompatibles ou si les estimations et leur incertitude manquent. La décision découle de la question et des preuves. Si une combinaison quantitative semble plausible, l’explication de la méta-analyse présente les vérifications précédant le choix du modèle.
Dans l’exemple, un score mesuré juste après la formation ne répond pas automatiquement à la question à 12 semaines. Distinguez les résultats immédiats et ultérieurs, précisez les regroupements et la méthode de comparaison. Une présentation structurée doit donner les estimations réelles, l’incertitude et les limites lorsqu’elles sont disponibles ; notre exemple pédagogique ne fournit aucun de ces résultats observés.
Une synthèse explicite reste nécessaire sans estimation combinée. Compter les études statistiquement significatives est peu fiable, car la significativité dépend aussi de la précision. Cochrane présente d’autres méthodes de synthèse ; le guide de synthèse des preuves aide à relier les différentes tâches à un ensemble d’outils utilisable.
Comment apprécier les conclusions ?
Examinez les études incluses et le processus de revue. Un essai peut avoir des résultats manquants ; la revue peut introduire un autre problème en limitant sa recherche ou en choisissant des résultats après les avoir vus. Évaluer les études ne revient pas à évaluer toutes les décisions de la revue ; le chapitre Cochrane sur les biais explique cette distinction.
Le risque de biais diffère aussi de la certitude de l’ensemble des preuves. Celle-ci évalue le soutien à une conclusion, en tenant compte notamment de l’incohérence, de l’imprécision, du caractère indirect et des preuves manquantes. Un grand échantillon n’est pas un score universel de qualité. Employez un cadre établi si nécessaire, comme dans le guide Cochrane sur la certitude.
Pour l’équipe pédagogique, une estimation précise à court terme peut ne pas répondre à une question sur un apprentissage durable ou un autre groupe. Lisez les limites et la date de dernière recherche, pas seulement l’année de publication. Les quatre questions suivantes relient l’évaluation à votre décision.
Puis-je suivre la recherche, la sélection et le rattachement des preuves aux études ?
Quelles limites des études ou de la revue peuvent affecter le résultat ?
Quelle est l’incertitude, et distingue-t-on preuves insuffisantes et preuves d’absence d’effet important ?
Population, contexte, résultat, suivi et ancienneté des preuves conviennent-ils à mon usage ?
Rédiger une note de faisabilité d’une page
Un premier jalon utile est une question convenue et une voie réaliste pour y répondre. Avant le protocole complet, rédigez une courte note comme dans l’exemple fictif. Les entrées indiquent le travail restant ; elles ne prétendent pas qu’une recherche, une évaluation ou une revue a déjà été réalisée.
Servez-vous-en pour poursuivre, réduire la question, actualiser une revue ou demander une expertise supplémentaire. Développez ensuite le protocole et testez les critères ambigus sur quelques documents variés. Si un logiciel aide à sélectionner ou extraire, évaluez les outils de revue systématique selon ces besoins.
| Champ | Exemple | Prochaine action |
|---|---|---|
Question | Programme précis contre formation habituelle chez des débutants ; évaluation à 12 semaines | Vérifier l’accord du résultat et de l’échéance avec la décision pédagogique |
Usage prévu | Aider l’équipe à juger si le programme mérite un examen supplémentaire | Convenir de l’incertitude à réduire |
Revues et protocoles existants | Pas encore vérifiés | Chercher les travaux pertinents et juger l’intérêt d’une actualisation |
Preuves et sources probables | Études comparatives de formation ; sources à définir | Consulter le spécialiste sur bases, registres et autres sources |
Compétences et responsabilités | Désigner des responsables pour le domaine, la recherche, les méthodes et les statistiques | Identifier les compétences disponibles et l’aide manquante |
Premier jalon | Périmètre convenu et projet de protocole | Tester critères et champs d’extraction avant le travail complet |
Questions fréquentes
Une revue systématique est-elle une recherche originale ?
Elle produit une synthèse de travaux existants selon des procédures explicites. Elle ne recueille généralement pas de nouvelles observations, mais certaines revues obtiennent des données individuelles pour de nouvelles analyses.
Combien d’articles faut-il ?
Il n’existe pas de minimum universel. La question et les critères déterminent le périmètre. Une revue vide peut signaler l’absence d’études éligibles, mais ne peut estimer un effet à partir de données inexistantes.
Quelle différence avec la méta-analyse ?
La revue systématique comprend recherche, sélection, évaluation et synthèse des preuves. La méta-analyse est l’une des méthodes statistiques possibles ; d’autres synthèses sont envisageables.
Une personne peut-elle réaliser une revue ?
Certaines tâches sont individuelles, mais des vérifications indépendantes et une résolution des désaccords sont des garanties importantes, parfois exigées par la méthode ou la norme. Décrivez l’organisation réelle et ses limites.
Que faire avant de rédiger le protocole ?
Clarifiez la question et l’usage, examinez les revues existantes, identifiez les sources probables et les compétences de l’équipe. Une note de faisabilité aide à poursuivre, réduire le périmètre ou demander de l’aide.
Sources et lectures complémentaires
Consultez les sources originales pour les méthodes complètes, leur portée et les dernières mises à jour.
- Introduction aux revuesCochrane
- Éligibilité et regroupementCochrane
- Recherche et sélectionCochrane
- Biais et conflits d’intérêtsCochrane
- Autres méthodes de synthèseCochrane
- Certitude des donnéesCochrane
- JBI : revues de portéeJBI